Isabelle II
Pinzón 1862 - 1863
Et le fils sut que son père aimait un fantôme.
Tout ce qu’il trouva à dire fut : Nous reverrons-nous ?
Il lui semblait s’agir là d’une punition toute méritée pour l’avoir abandonnée au Segura, pour avoir quitté leur vie, leur maison, tout ce qu’ensemble ils avaient rêvé.
Vivanco eût souhaité voir dehors se dérouler une kermesse, histoire de montrer aux Espagnols que la vie, ici, se passait bien d’eux. Mais la place était vide. Mis à part deux chiens, et un
oiseau blessé qu’ils dépeçaient.
Salazar 1864
C’est que Pinzón avait un plan, expliqua Salazar. Sur la carte, après tant de rage et de cercles rouges, on le déchiffrait difficilement. Mais le dessin était joli.
On vit poindre trois bouts de doigts, ceux d’un grand cadavre enterré sous la mer que des remous auraient exhumé imparfaitement. C’était les îles Chincha.
On fouilla les demeures à la recherche d’armes et de fourches.
Trouvant trop peu, on confisqua jusqu’aux fourchettes.
Pareja 1864 - 1865
Il fallut d’abord que l’Esmeralda lâche de son flanc un petit nuage bref, poudreux, comme une bouffée de pipe. Puis que s’ensuive un geyser d’écume, sorte de gerbe de blé pâle fauchée aussitôt par le vent.
Ce navire nous en voulait.
Núñez 1865 - 1866
Au bout de la ruelle : deux yeux joyeux. Un enfant s’amusait avec le cadavre d’un chien. Les tripes faisaient des routes et les dents montagnes.
Ses mains prouvaient que la bataille avait bien eu lieu.
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